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Comité préparatoire du Sommet mondial pour ENV/DEV/B/14
le développement durable 5 juin 2002
Quatrième session – 6e séance plénière
BALI DOIT DONNER LIEU A UN PLAN D’APPLICATION D’ACTION 21 AVEC DES
OBJECTIFS CONCRETS ET DES CALENDRIERS PRECIS
Nous devons partir de Bali, a déclaré, pour sa part, la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Louise Fréchette, avec un plan d’application solide, spécifique et doté de cibles pour assurer des fondations fermes au travail essentiel qui reste à accomplir entre Bali et Johannesburg. Dans ce cadre, elle a rappelé les cinq domaines clés cités par le Secrétaire général – points centraux de la durabilité- qui méritent une attention particulière, à savoir l’eau et les services d’assainissement; l’énergie, l’agriculture, la biodiversité et la gestion des écosystèmes ainsi que la santé et l’environnement. Rappelant le rôle primordial des gouvernements qui doivent tenir les engagements de Monterrey et de Doha, la Vice-Secrétaire générale a attiré l’attention sur la place centrale qu’occupent les ONG, le secteur privé et les institutions internationales en particulier l’ONU. Pour elle, le succès de Johannesburg ne se mesurera pas seulement par le plan d’application étant donné que la déclaration politique doit être perçue comme le premier instrument dont disposeront les Chefs d’Etat et de gouvernement pour transmettre au monde leur vision du développement durable.
Après les exposés des Coprésidents du Fonds
pour l’environnement mondial (FEM) sur la table ronde ministérielle sur le
financement de l’environnement et du développement durable, les ministres se
sont engagés dans un dialogue sur le thème “de Bali à Johannesburg, la voie à
suivre”. Le Président du Comité
préparatoire, M. Emil Salim (Indonésie) qui a ouvert le dialogue a souligné que
Bali est la dernière ligne droite avant Johannesburg. De Bali, devront sortir le document d’application d’Action 21 dit
“Engagement de Bali”, des initiatives en matière de partenariats et un
“document politique”. Il a précisé que
le document d’application vise à donner de la substance au développement
durable et à ses trois piliers que sont la durabilité sociale, la durabilité
économique et la durabilité environnementale et qui supposent l’élimination de
la pauvreté et le changement des modes de production et de consommation non
viables.
La réunion ministérielle qui devra durer
trois jours, du 5 au 7 juin, discutera en outre des initiatives en matière de
partenariats et des éléments à intégrer au document politique. Entre-temps, le “document d’application”
fait toujours l’objet de négociations au sein de deux groupes de travail et de
plusieurs groupes de contact et sont facilitées par le “Groupe des Amis du
Président” (Brésil, Indonésie et Afrique du Sud). La réunion ministérielle poursuivra ses travaux cet après-midi.
(à suivre)
Mme LOUISE FRECHETTE, Vice-Secrétaire
générale des Nations Unies, a déclaré que la communauté internationale
s’est réunie aujourd’hui parce qu’elle est confrontée à des défis considérables
des deux côtés de l’équation développement-environnement. Trois milliards de personnes, a-t-elle
rappelé, vivent dans des conditions déshumanisantes de la pauvreté avec moins
de deux dollars par jour. Citant le
rapport du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), elle a
souligné que le modèle prédominant du développement pourrait ne pas être
durable même pour ceux qui en tirent des bénéfices. Mme Fréchette a considéré que Johannesburg peut servir de cadre
pour trouver une autre voie qui améliore les normes de vie tout en protégeant
l’environnement. Une voie, qui serait,
favorable à tous les peuples aujourd’hui et demain. La relation entre la société humaine et l’environnement naturel
est au coeur des préoccupations de Johannesburg et, à ce sujet, Mme Fréchette a
rappelé cinq domaines clés proposés par le Secrétaire général qui méritent une
attention particulière : l’eau et les
services d’assainissement; l’énergie; l’agriculture; la biodiversité et la
gestion des écosystèmes; et la santé et l’environnement. Le temps est venu de fixer des objectifs et
des cibles clairs dans ces domaines et de préciser les engagements concrets
pour assurer un réel progrès dans la mise en oeuvre d’Action 21 et de la
Déclaration du millénaire.
Mme Fréchette a estimé que
les progrès sont possibles grâce à la connaissance et aux technologies
existantes. Et parce que ces cinq
domaines sont intrinsèquement liés, des progrès dans un domaine mèneront inoxérablement à des progrès dans les
autres. Commentant les avancées des
négociations du Comité préparatoire, la Vice-Secrétaire générale a souhaité
qu’un accord soit conclu sur un programme d’application solide, spécifique et
doté de cibles. Ce n’est que dans ces
conditions, a-t-elle dit, qu’il sera possible d’assurer des fondations fermes
au travail essentiel qui reste à accomplir entre Bali et Johannesburg, en
particulier en ce qui concerne les partenariats nécessaires à la mise en oeuvre
du plan d’application.
Le succès de Johannesburg ne
se mesurera pas seulement au plan d’application, a prévenu Mme Fréchette. La déclaration politique sera le premier
instrument dont disposeront les Chefs d’Etat et de gouvernement pour transmettre
au monde leur vision du développement durable.
Il faut, en conséquence, une déclaration crédible qui engage les
dirigeants à agir et qui conduise tous les acteurs à reconnaître leurs propres
responsabilités. Si il est vrai que les
gouvernements ne peuvent agir seuls, il faut reconnaître sans équivoque que ce
sont eux qui définissent les politiques et les priorités, créent les
institutions de services publics et satisfont les divers besoins des
nations. Ce sont les gouvernements qui
doivent tenir les promesses faites durant les conférences des années 90 et dans
la Déclaration du millénaire a-t-elle souligné.
Mme Fréchette a appelé les
gouvernements et les parlementaires à ratifier les traités qui sous-tendent les
efforts dans le domaine du développement durable. Elle les a invités à le faire maintenant et à Johannesburg en
tant que marque d’une mesure concrète et immédiate vers la mise en oeuvre
d’Action 21. Reconnaissant les besoins
de partenariats de ces gouvernements, elle a admis que le développement
durable ne se réalisera pas sans les
ONG et l’implication du secteur privé, à qui le monde demande de faire autre
chose que “business as usual”. Les
institutions internationales ont aussi un rôle essentiel à jouer, a souligné
Mme Fréchette qui a indiqué que le système des Nations Unies est déjà prêt à
apporter sa contribution à la réalisation des objectifs du développement
durable et qu’il s’agit là d’un objectif dont le Secrétaire général a fait sa
priorité.
Les progrès dépendront aussi
de la disponibilité des ressources financières, a encore dit la Vice-Secrétaire
générale avant d’inviter les gouvernements à maintenir l’élan de la Conférence
de Monterrey, en particulier dans le domaine de l’aide publique au
développement (APD). Les ressources additionnelles
promises peuvent aussi être utilisées pour mobiliser d’autres ressources,
a-t-elle précisé. Elle a appelé les gouvernements à tenir les engagements pris
à Doha et à faire des nouvelles négociations commerciales un véritable “cycle
du développement” qui ouvre les marchés aux pays en développement et qui
permette une réelle concurrence. Le
Sommet de Johannesburg est réellement une chance d’assurer un cours plus
prometteur au développement de l’humanité.
Mme MEGAWATI SOEKARNOPUTRI, Présidente de
la République d’Indonésie, a
déclaré que son pays est reconnaissant aux Nations Unies de la confiance que
l’Organisation a placée dans l’Indonésie qui accueille ce 4ème et dernier
Comité préparatoire du Sommet mondial pour le développement durable. Quel que soit l’accord auquel parviendront ces
travaux, il sera une avancée positive pour la réussite du Sommet de
Johannesburg. Nous sommes conscients
des profonds changements induits par la mondialisation, qui a profondément
affecté les démarches et perspectives économiques de nombreuses nations, a dit
la Présidente. Nous partageons tous les
mêmes rêves, d’une vie prospère et pacifique qui maintienne l’harmonie de
l’homme avec l’environnement naturel qui l’entoure. Chaque
nation a besoin que les autres lui donnent la chance de déterminer et de respecter son propre cadre de développement national. Les différences et particularités doivent être respectées. Certaines nations possèdent des ressources naturelles qui pourraient leur permettre de réaliser le bien-être auquel aspirent leurs peuples si on leur offrait un cadre international d’échanges plus favorable.
Si elles étaient acceptées,
les différences qui existent entre nations devraient permettre à chacune
d’elles de tracer un cadre de développement respectueux de la nature. Les pays les plus avancés et les mieux
pourvus devraient servir d’exemple aux pays les plus faibles. Ces derniers, qui représentent la majorité
des pays du monde, sont handicapés par le manque de ressources humaines ou
naturelles. Les insuffisances de
ressources humaines rendent difficiles, dans de nombreux pays, l’application
des politiques qui pourraient leur permettre de sortir de leur état de mal
développement. Souvent, même quand ils
détiennent des ressources naturelles appréciables, certains pays sont incapables
de sortir d’une espèce de cercle vicieux, du fait de l’exploitation injuste de
leurs ressources naturelles au moyen de stratégie qui ne leur sont pas
profitables.
Concernant les pays qui ont le plus de
problèmes d’organisation et de structures, problèmes qui finissent par menacer
la durabilité de leurs ressources et donc de leur développement, il vaudrait
mieux les aider et les conseiller que de les condamner systématiquement en
évoquant la gouvernance. La question de l’énergie est l’exemple d’un domaine où
l’utilisation excessive de ressources naturelles met en péril la survie de
l’environnement. On dit, sans doute à
juste titre, que les mauvaises politiques énergétiques sont responsables du
réchauffement de la planète. Seule une
coopération internationale renforcée dans ce monde en pleine globalisation, où
l’interdépendance est de plus en plus évidente, pourra nous permettre de
trouver des solutions durables et satisfaisantes. Concernant notre pays, nous avons axé nos politiques de
développement sur l’exploitation systématique de nos ressources
naturelles. Mais aujourd’hui, nous
comprenons que le développement est un processus de longue haleine mettant en
oeuvre des politiques multisectorielles.
Du temps de la Guerre froide, le premier Président de l’Indonésie, qui
était mon père, a rappelé Mme Soekarnoputri, avait demandé à la communauté
internationale, devant l’Assemblée générale de l’ONU, de reconstruire le monde
sur un modèle plus juste et plus durable.
Le modèle de développement durable auquel nous aspirons aujourd’hui
devrait s’inspirer de la vision de cette allocution, qui reste
d’actualité. Nous sommes tous d’accord
que tous les peuples doivent avoir une vie digne, pacifique et prospère. Pour y arriver, nous devons avoir des
orientations de développement durable similaires. Nous devons tous accepter que la science et la technologie
devraient être transmises à des prix abordables pour soutenir le
développement. 10 années se sont
écoulées depuis l’adoption d’Action 21.
Il est temps que nous trouvions des consensus, avant Johannesburg, qui
nous permettront d’assurer un avenir durable et prospère à l’humanité
Déclarations des
Coprésidents du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) concernant la table ronde ministérielle sur le
financement
M. MOHAMMED VALLI MOOSA, Ministre des
affaires de l’environnement et du tourisme de l’Afrique du Sud, a déclaré
que depuis Rio, il est devenu évident que le succès du développement durable
nécessite des progrès dans plusieurs domaines.
Le développement ne doit pas seulement être viable économiquement mais
acceptable socialement et écologiquement.
Pour l’orateur, le Sommet de Johannesburg est une étape historique qui
donne l’occasion d’intégrer la viabilité environnementale dans les politiques
visant à réaliser les objectifs de la Déclaration du millénaire. Le FEM, a parrainé toute une série de tables
rondes qui ont réuni les ministres de l’environnement et finances ainsi que les
chefs des ONG et des organisations intergouvernementales. Les tables rondes se sont d’abord réunies à
Monterrey puis à Bali.
Au cours de la première session, les
participants ont convenu de la nécessité de prendre de mesures pour créer un
environnement favorable à l’investissement étranger direct (IED) afin de
faciliter le transfert des technologies nécessaire au développement
durable. Le rôle de la Nouvelle
initiative pour le développement de l’Afrique (NEPAD) a aussi été reconnu ainsi
que la nécessité d’intégrer la durabilité dans la réalisation des objectifs
d’élimination de la pauvreté. L’aide
publique au développement (APD) et l’accès aux marchés ont également été
reconnus comme points important au même titre que la sécurité alimentaire, la
dégradation des terres, l’eau, la santé et l’énergie.
La deuxième session a reconnu l’environnement
comme un capital et le fondement des systèmes économiques et sociaux. A cet égard, il a été souligné que lorsque
les ressources naturelles transfrontières ne sont pas gérées par une coopération
internationale les pays individuels ne sont guère incités à se préoccuper des
conséquences de leurs actes. Des
financements et des politiques inappropriés empêchent les progrès dans la
gestion des ressources et des écosystèmes tout comme l’absence de capacités
adéquates, a-t-il été également reconnu.
En outre, le coût des écotechnologies a été perçu comme un obstacle à
leur promotion. Il est important
d’examiner la question du financement, des politiques en vigueur et des
partenariats pour remédier aux obstacles identifiés dans la réalisation des
objectifs de développement, a conclu la table ronde.
M. KJELL LARSSON, Ministre de
l’environnement de la Suède, a déclaré que la durabilité mondiale ne pourra
pas être réalisée sur des financements marginaux. Le renforcement des institutions financières régionales est
nécessaire et le rôle des gouvernements et de la société civile doit être
reconnu sur cette question. La question
de la mobilisation des ressources doit prendre en compte la nécessité de préserver
l’eau et l’énergie tout en les rendant accessibles à tous. Les gouvernements doivent à cet égard jouer
un rôle moteur, pour inciter le transfert et l’investissement de ressources
intérieures et extérieures dans le domaine des biens publics. La société civile devrait aussi avoir sa
place dans la mobilisation de fonds en faveur des politiques de développement
durable. Il est nécessaire de mettre en
place à cet égard des mesures assurant une certaine stabilité aux
investissements. Un cadre transparent
devrait être créé dans chaque pays. Des
indicateurs de développement devraient être mis en place pour permettre à
chaque pays d’évaluer ses progrès et ses besoins.
Si les gouvernements doivent être les chefs
de file, il faut cependant songer à renforcer les partenariats public/privé
garants d’efficacité. La notion
d’assistance au développement devrait quant à elle, être élargie et l’APD
devrait viser la réduction des risques que prennent les investissements
étrangers dans les domaines les plus urgents et les plus importants du
développement durable. La table ronde
qui s’est tenue sur les questions de financement durable a reconnu que le Fonds
mondial pour l’environnement (FEM) était la meilleure source et le meilleur
outil de financement du développement durable, et elle a demandé à tous les gouvernements
et autres donateurs de participer à la reconstitution des ressources du
FEM. La table ronde a mis un accent
particulier sur le financement des programmes de lutte contre la
désertification. Les participants ont
d’autre part souligné que le développement durable ne sera possible que lorsque
la communauté internationale se mettra d’accord sur des principes moraux
soutenant la promotion de cette forme de développement.
M. PRECIOUS
NGELALE, Ministre d’Etat chargé des ressources en eau du Nigéria (au nom de
la Conférence ministérielle africaine sur l’eau (AMCOW), a voulu que le
Sommet de Johannesburg se concentre sur la gestion rationnelle de
l’environnement avant d’indiquer qu’une crise majeure, non examinée
sérieusement depuis Rio, concerne l’eau et l’assainissement. La dimension économique, sociale et
environnementale de cette crise a fait l’objet d’une évaluation mondiale, a
indiqué le Ministre qui s’est félicité que dans les cinq domaines qui méritent
une attention particulière, le Secrétaire général de l’ONU ait placé l’eau en
bonne place. Le Sommet de Johannesburg
doit discuter de la crise de l’eau et établir le lien entre la santé et
l’environnement. Le lien entre la
santé, l’environnement et la pauvreté apparaît nettement dans le domaine de
l’eau qui est, elle-même, liée à celle de l’énergie et de l’agriculture. Soulevant la question de la diversité
biologique et de la protection des écosystèmes, le Ministre a souligné
l’importance des milieux marins. Les
Gouvernements africains ont fait le bilan de la crise de l’eau.
Les Ministres
africains qui ont pris part, à la Conférence d’Abuja, du 30 avril, ont souligné
la nécessité de faire des efforts dans le cadre de la Nouvelle Initiative pour
le développement de l’Afrique (NEPAD).
Ouvrant le dialogue, le Président du
Comité préparatoire, M. Emil Salim (Indonésie) a expliqué que ce dialogue
devra se concentrer sur la manière de faire du document d’application un
véritable outil de mise en oeuvre d’Action 21.
Il y a 20 ans à Stockholm, a-t-il rappelé, il a été reconnu que la Terre
est unique mais que le monde est divisé en riches et en pauvres, en Nord et en
Sud et en pays développés et en pays en développement. La question a donc été de savoir comment
assurer le bien-être de tous sans dégrader l’environnement et en maintenant sa
capacité à nourrir le monde. En conséquence,
il y a 10 ans à Rio, les principes fondamentaux du développement durable ont
été identifiés dans Action 21 dont celui de la responsabilité commune mais
différenciée parce que les forces et les richesses ne sont pas les mêmes. Dix
ans se sont écoulés depuis Action 21 et nous passons aujourd’hui en revue à la
mise en oeuvre d’Action 21.
Aujourd’hui, a poursuivi le Président, Bali est la dernière ligne droite avant Johannesburg. Aucune autre occasion ne se présentera. Cela signifie qu’il faut mettre au point ici à Bali tous les documents nécessaires pour assurer le succès de Johannesburg. Il faut aboutir à un accord sur le programme de mise en oeuvre d’Action 21, à savoir “l’Engagement de Bali” qui est un document négocié. En tant que produit annexe, Bali donnera lieu à des initiatives en matière de partenariats qui ne sont pas le résultat de négociations mais des initiatives entre personnes qui veulent collaborer ensemble. Ces partenariats sont associés au document d’application mais ne s’y substituent en aucun. Enfin, la tâche sera aussi d’obtenir les premiers éléments d’un document politique qui sera soumis aux Chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Johannesburg.
Le document d’application, a encore indiqué
le Président du Comité préparatoire, doit donner de la substance au
développement durable qui contient trois éléments principaux la durabilité
sociale par le développement social, la durabilité économique par le
développement économique et la durabilité environnementale par le développement
écologique. Dans ce contexte, il existe
deux éléments indispensables, l’élimination de la pauvreté et le changement des
modes de production et de consommation non viables. Le social, l’économique et l’environnement sont fusionnés dans la
notion du développement durable et les cinq domaines cités par le Secrétaire
général ne sont pas des questions distinctes mais des questions liées
intrinsèquement.
En la matière, a conclu le Président du
Comité préparatoire, la solution aux problèmes identifiés devra tenir compte de
la spécificité de chaque région. Ainsi
pour les pays du Sud, l’importance est de résoudre les problèmes dans les
domaines du commerce, du financement, du renforcement des capacités et du
transfert des technologies, et ce dans un cadre institutionnel qui rende viable
le développement par la coopération nationale, régionale et internationale,
assurant la participation pleine et entière de tous les grands groupes.
Intervenant en ouverture du dialogue
interactif le représentant du Japon a estimé que les questions
d’infrastructures, de transports, de l’énergie et de l’eau, étaient celles
auxquelles il fallait trouver des réponses urgentes. Le Japon propose qu’un système mondial d’information soit créé
sur la question de l’eau, et il propose la tenue d’un forum mondial de l’eau
afin de trouver des réponses communes à cette question. Pour le représentant de la Norvège,
la réunion de Bali ne doit pas renégocier les conclusions et engagements de
Rio. La Norvège est contre toute
renégociation du principe de précaution, sur lequel un accord s’était fait à
Rio. Tout document discuté à Bali
devrait regarder vers l’avenir et non remettre en question le passé. La Norvège demande à tous ceux qui ne l’ont
pas fait de ratifier le Protocole de Kyoto.
La véritable gouvernance doit s’appuyer sur l’impératif de faire sortir
la majorité de l’humanité de sa pauvreté.
C’est pourquoi les documents de Doha et Monterrey doivent être la base
des négociations de Bali.
Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, la
représentante du Venezuela a déclaré qu’il était inconcevable que la
mise en oeuvre totale des engagements de Rio n’ait pas lieu après Bali et
Johannesburg. Le Groupe des 77 et la
Chine ont énoncé une série de principes fondamentaux qu’ils espèrent voir
figurer en bonne place dans le document final de Bali. Le premier de ces principes est la nécessité
de mettre fin à la pauvreté. La
résolution satisfaisante des questions commerciales, notamment l’accès aux
marchés; la lutte contre les grandes pandémies; les questions spécifiques
affectant l’Afrique et les petits Etats insulaires en développement; la
question de la dette; et le financement et le transfert des technologies, sont
au coeur des soucis du Groupe des 77 et de la Chine.
Au nom de l’Union européenne, le représentant
de l’Espagne a estimé que le Sommet de Johannesburg était une suite
logique des grandes conférences organisées par l’ONU au cours des années
1990. L’Union européenne pense que la
déclaration finale de Johannesburg devra être politiquement contraignante et
qu’elle devra inclure des recommandations sur la sexospécificité. La participation des femmes aux actions de
développement durable est cruciale. Les
ONG doivent jouer un rôle actif dans la mise en oeuvre d’Action 21. L’Union européenne soutient un meilleur
transfert de technologies en vue de faciliter la mise en oeuvre d’Action 21, et
elle est prête à soutenir la reconstitution des ressources du FEM et à relancer
à la hausse le niveau de l’APD, conformément aux consensus de Monterrey. Nous estimons que la réalisation des
objectifs de développement du millénaire doit être soutenue, de façon à réduire
de moitié le nombre de pauvres d’ici 2015.
Concernant la gestion des écosystèmes et celle des ressources
naturelles, nous proposons que les tendances de production et de consommation
actuelles soient inversées d’ici à 2015, et que les menaces qui pèsent sur la
diversité biologique soient sous contrôle d’ici 2010. Concernant la gouvernance, le souci de l’Union européenne est
celui de la cohérence dans les domaines économique, social et
environnemental. Nous pensons que le
NEPAD devrait répondre, dans ce domaine, aux problèmes que connaît l’Afrique.
Intervenant à son
tour, le représentant de la Colombie, a insisté sur l’adoption d’une
certaine “éthique ou culture” pour sous-tendre les actions en matière de
développement durable. Action 21
envisageait déjà l’aspect éthique et culturel, a-t-il rappelé, et il est
important que Bali envoie un message clair en la matière en tenant compte des
particularités régionales et culturelles de chaque peuple. Le représentant de l’Egypte a insisté
sur les sources financement de la réalisation des objectifs du développement
durable en soulignant, l’importance du principe de la responsabilité commune
mais différenciée.
Selon, le représentant de la Chine, ce
principe devrait figurer en place dans le “document politique”. Il a souhaité que le “document
d’application”contienne des objectifs clairs, des calendriers précis
d’exécution et prévoit des mécanisme de suivi.
Le représentant égyptien a, dans ce contexte, évoqué le caractère
primordial de l’élimination de la pauvreté et du renforcement de la coopération
internationale, en particulier dans le domaine du transfert des
écotechnologies.
S’attardant sur la question de l’agriculture,
il a demandé le renforcement de la coopération internationale sur
l’assainissement, la mise en valeur des terres et la mise en oeuvre du
Programme alimentaire mondial (PAM) et des objectifs pertinents de la
Déclaration du millénaire. A cet égard,
le représentant égyptien a appelé à un appui massif aux principes du FEM qui
doit être reconnu comme l’instrument principal de lutte contre la
désertification. Cette question a été
également évoquée par le représentant de la Libye.
L’importance des questions du recyclage des
déchets, de l’eau et des forêts a été soulignée par le gouvernement du Japon.
Les générations futures doivent hériter d’un
monde viable, a estimé le représentant de la Suisse, qui a noté que son
pays qui sera bientôt membre à part entière de l’ONU, entendait travailler au
renforcement de la coopération multilatérale.
Nous ne devons pas remettre en cause les acquis de Rio et des autres
grandes conférences internationales des années 90. Seule la voie du développement durable pourra créer un mode de
paix, de prospérité et de droits de l’homme.
Notre pays est prêt à participer à la lutte contre la pauvreté, en
portant sa contribution à l’APD à 0,4% de son PNB d’ici à 2010, conformément à
l’esprit du Consensus de Monterrey, et nous entendons contribuer positivement à
la réflexion et aux actions sur la résolution du problème de la dette. Notre pays attache une grande d’importance
aux partenariats, qui sont des initiatives volontaires en faveur de la mise en
oeuvre d’Action 21. Nous pensons que les partenariats sont un complément indispensable
du plan d’action. A cet égard, sous
l’égide du PNUD, la Suisse est associée à un nombre de pays pour faire face
ensemble aux problèmes qui se posent
aux écosystèmes de montagne.
Pour le représentant de la Slovaquie,
il faut que les résultats de Bali appuient la réalisation d’objectifs concrets
sur des calendriers arrêtés d’un commun accord. L’intégration des politiques et des actions devrait être au coeur
de nos réflexions, a estimé le représentant, en estimant que le danger de la
surexploitation des ressources ne pourrait être réduit que par une meilleure
coordination des actions internationales.
Le critère fondamental de toute élaboration, financement ou mise en
oeuvre de projets de développement devrait être considéré sous l’angle de la durabilité
de l’environnement naturel et de l’impact du projet sur cet environnement.
Poursuivant le
dialogue, le Représentant de la République dominicaine, a plaidé pour
qu’un engagement clair puisse sortir de Bali afin de mettre en oeuvre tous les
accords de développement durable, en particulier le Protocole de Kyoto sur les
émissions de gaz à effet de serre. A
son tour, le Représentant des Emirats arabes unis a attiré l’attention
sur les questions de la désertification, de la sécheresse et de la pénurie
d’eau. Il a plaidé pour la mobilisation
de ressources pour développer les capacités et les technologies nécessaires. En
la matière, il a souligné l’importance d’un environnement sûr aux niveaux
national et international en condamnant les conflits armés. La stabilité du monde, a-t-il ajouté,
nécessite des mesures de confiance et de renforcement de la coopération
internationale fondée sur un ordre économique et commercial juste et équitable
ainsi que sur le respect de la diversité culturelle de chaque région.
Le représentant de
l’Indonésie a souligné qu’au coeur du développement durable se trouvent
les moyens d’exécution. Il a voulu que
tous les efforts soient déployés pour mettre en oeuvre les accords conclus à
Monterrey et à Doha. L’importance de ces
accords a aussi été soulignée par le Président du Conseil économique et
social de l’ONU. Entre Bali et
Johannesburg, a-t-il indiqué, le Conseil tiendra sa session de fond dont le
segment de haut niveau sera consacrée à
l’impact du développement sur les ressources humaines, en particulier en
matière de santé et d’éducation. Le coeur du développement durable est la
coordination des différentes valeurs et activités. Sans renforcer le rôle du Conseil, il est pratiquement impossible
de satisfaire les attentes en la matière, a conclu le Président.
Le Représentant
de l’Allemagne a mis en garde contre toute renégociation d’Action 21 et de
la Déclaration du millénaire. Le
problème, a-t-il estimé, est le manque de respect des engagements pris. Depuis Rio, des engagements ont été
pris. Or, il a fallu plus de 5 ans pour
mettre en place un système permettant de lutter contre le changement
climatique. En conséquence à
Johannesburg, il faut surmonter ce déficit d’exécution et faire en sorte que
dans le document d’application de Bali se trouvent des objectifs concrets. Le déficit d’exécution est particulièrement
visible dans le domaine du financement alors que des engagements ont déjà été
pris à Monterrey. En la matière,
l’objectif doit être de reconstituer le
FEM, d’augmenter l’APD, d’encourager l’IED vers le Sud et d’ouvrir les marchés
du Nord. A cet égard, le déficit
d’exécution peut être comblé par la mise en oeuvre des partenariats de type 2.
* *** *