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Comité préparatoire du Sommet mondial pour ENV/DEV/B/18
le développement durable 7
juin 2002
Quatrième session –10e séance plénière
DOCUMENT POLITIQUE DE
JOHANNESBURG: UN ENGAGEMENT POLITIQUE FORT, DES OBJECTIFS CLAIRS ET UN CALENDRIER
D’EXECUTION PRECIS SOUHAITENT LES DELEGATIONS
Instrument de navigation, boussole, plan de campagne sont les métaphores
évoquées, ce matin, pour décrire ce que doit être le “document politique” du
Sommet mondial pour le développement durable qu’auront à adopter les Chefs
d’Etat et gouvernements qui se réuniront à Johannesburg du 26 août au 4
septembre 2002. Les éléments à intégrer
dans ce “document politique” ont fait l’objet d’une première discussion dans le
cadre du débat ministériel que le Comité préparatoire du Sommet mondial tient
depuis mercredi dernier à Bali (Indonésie).
Une vision claire
et des lignes directrices précises traduisant la détermination des dirigeants à
s’engager résolument dans la voie du développement durable représentent
quelques éléments que les délégations souhaitent voir dans le document
final. Selon eux, cette vision et ces
lignes directrices doivent se fonder sur Action 21, ses principes fondamentaux
et ses trois piliers. Parmi les
principes, les délégations ont mis l’accent sur le principe de précaution et
celui de la responsabilité commune mais différenciée. Concernant les piliers,
elles ont insisté sur l’équilibre et l’égalité à reconnaître entre la
croissance économique, le développement social et la protection de
l’environnement.
Le document
politique doit contenir des objectifs clairs et des calendriers d’exécution
fixes, en particulier sur les questions clés
de l’élimination de la pauvreté et de la modification des modes de
production et de consommation non viables ont souhaité en outre les
délégations. En la matière, les
questions de l’assistance financière et de l’aide publique au développement
(APD), de l’accès aux marchés, de l’allègement ou de l’annulation de la dette
ainsi que du transfert des écotechnologies et de la mise en place de programmes
d’action sur l’eau, l’énergie, l’agriculture, la biodiversité et la santé ont
été soutenues et devront figurer en bonne place dans le document
politique. La participation de toutes
les parties prenantes, notamment les neuf grands groupes identifiés dans Action
21, par des partenariats de type 1 et de type 2, doit être présentée comme une
condition préalable au succès en matière de développement, ont souligné les
délégations.
Toujours au titre
des conditions préalables, de nombreuses délégations, traçant le cadre
juridique et institutionnel des actions à mettre en oeuvre, ont cité la
démocratie, le respect des droits de l’homme, l’état de droit et la bonne
gouvernance aux niveau national et international. A ce propos, des délégations ont défendu l’idée d’une éthique du
développement durable, souhaitant que le document politique fasse une référence
à la “Charte de la Terre” adoptée récemment en France par le Forum public sur
l’éthique de l’environnement.
Sur les trois
documents qui doivent être soumis au Sommet mondial pour le développement
durable, seul le document politique doit être finalisé à Johannesburg. Ce soir, entre 20 heures et 23 heures, le
Comité préparatoire devrait adopter le “document d’application” et celui sur
les “initiatives en matière de partenariats” clôturant ainsi sa dernière
session entamée au Centre international de conférences de Bali le 27 mai.
Le débat
ministériel de haut niveau se poursuit cet après-midi à 15 heures.
(à suivre)
Débat de haut niveau sur les éléments à incorporer
au “document politique”
Le Président du Comité préparatoire a rendu
compte des deux options qui sont apparues à l’issue des consultations sur la
question. La première option, a-t-il
expliqué, consiste à rédiger une brève disposition qui devra être percutante et
incisive et qui sera liée au document d’application sans en répéter les
éléments. Le document doit porter sur
des questions clés et prioritaires traduisant un engagement politique au plus
haut niveau. La deuxième option
consisterait, elle, à rédiger un
document plus long qui contiendrait une évaluation de ce qui s’est produit
depuis Rio et des défis émergents. Il
contiendrait tous les éléments du document d’application et réaffirmerait
les trois piliers du développement durable, à savoir la croissance économique,
le développement social et la protection de l’environnement.
Concernant la structure, il s’agirait d’un
document de plusieurs chapitres sur une réaffirmation des principes d’Action
21, qui contiendrait une énumération des engagements pris à Rio et au cours des
grandes conférences intervenues depuis, l’établissement d’un lien avec le
document d’application et les moyens d’exécution. La conclusion du document serait tournée vers l’avenir.
Commentant ces
suggestions, le représentant de Maurice a estimé qu’au lieu de
“réinventer la roue”, il faudrait plutôt réaffirmer la Déclaration de Rio et
les engagements à mettre en oeuvre dans Action 21. Il faudra, rappeler, en particulier l’objectif de l’ordre
économique mondial et mettre l’accent sur les ressources, le principe de
précaution, celui de la responsabilité commune mais différenciée, la paix, la
démocratie, la bonne gouvernance, le renforcement des capacités ou encore l’élimination
des iniquités commerciales.
Le document doit
être clair, énergique et être tourné vers l’avenir, a dit pour sa part le
représentant de Cuba. Il faut
aboutir à un document qui reconnaisse que le Sommet de Johannesburg est un
processus doté d’objectifs propres. La
non-renégociation d’Action 21 et la réaffirmation de la valeur actuelle des
principes de Rio sont des éléments qui doivent figurer en bonne place, en
particulier le principe de la responsabilité commune mais différenciée. L’équilibre entre le social, l’économique et
l’environnement doit être souligné ainsi que les engagements pris en vertu
d’autres programmes importants. Le
document doit être objectif et éviter un optimisme injustifié au vu de l’état
actuel de la planète. Il doit refléter
des engagements économiques et financiers des pays développés à l’égard des
pays en développement. L’accès à la
santé, à l’éducation et à la culture doivent être reconnus comme des éléments
indispensables du développement durable, a encore dit le représentant qui a
souligné, en la matière, le rôle prépondérant des gouvernements. Enfin, le document doit rejeter très
nettement le recours à des mesures extraterritoriales comme un frein au
développement durable, a conclu le représentant.
A son tour, le
représentant de la Roumanie a souhaité que le document fasse référence
au Forum public qui a eu lieu en France sur l’éthique en matière de
développement durable. Le Forum, a-t-il
dit, a donné lieu à la “Charte de la Terre”.
Le représentant a donc appuyé l’inclusion de cette Charte comme cadre
éthique. Le défi est d’assurer la
convergence des idées et de mettre en place un partenariat mondial, a estimé de
son côté, le représentant de Chypre.
Pour le représentant de la Fédération de
Russie, la déclaration politique ne peut juste se limiter à l’assistance
financière que devraient apporter les pays développés aux autres. Le renforcement institutionnel et
l’élimination des obstacles commerciaux, la résolution de la question de la
dette, et le respect des normes d’environnement sont des questions essentielles
qui doivent figurer en bonne place dans la déclaration politique de
Johannesburg
Le représentant de l’Organisation des
Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a pour
sa part estimé qu’un changement de paradigme était nécessaire au niveau
international pour mieux donner une chance de réussite au développement durable
qui ne peut être assuré par le seul néolibéralisme. Il faut assurer la diversité culturelle et biologique dans toute
tentative de promotion d’un développement satisfaisant. L’UNESCO considère comme prioritaire la
lutte contre la pauvreté en Afrique, région la moins favorisée de la planète.
Le représentant de l’Organisation
internationale du travail (OIT) a dit que cette institution est inquiète
que les aspects sociaux ne soient pas suffisamment évoqués dans les discussions
de Bali. L’emploi et la santé doivent
faire partie des piliers du développement durable, et le développement social
doit être reconnu comme une part importante de toute politique nouvelle. Sans pilier social fort, on ne pourra
réaliser les objectifs d’Action 21.
L’emploi des jeunes doit recevoir une attention particulière. 500
millions d’entre eux arriveront sur le marché du travail des pays en
développement au cours 10 prochaines années.
Il faut leur donner une chance.
La Thaïlande pense qu’il faut regarder
vers l’avenir et ne pas s’attarder à échanger des accusations stériles. La déclaration de Johannesburg doit
comprendre des objectifs clairs et des engagements fermes visant une mise en
œuvre rapide et efficace d’Action 21.
Le représentant des Philippines estime de son côté, que la
déclaration politique devra être un texte concis et sans ambiguïté. Cette déclaration doit refléter le plan de
mise en œuvre d’Action 21. Nous voulons
l’assurance d’une sécurité alimentaire pour les pays en développement,
l’élimination des subventions injustes, qui portent atteinte à la production et
au commerce de pays du Sud, et la juste reconnaissance du savoir et des droits
des peuples autochtones.
Le représentant du Kenya a estimé
qu’il fallait que la déclaration politique mette l’accent sur la nécessité de
partenariats mondiaux respectueux du principe de responsabilités communes mais
différenciés. Les besoins de l’Afrique,
tels qu’ils sont reconnus dans la Déclaration
du millénaire, devront être réitérés dans ce document. La déclaration finale devra mettre l’accent
sur la promotion des services sociaux, le renforcement de capacités et
l’éradication de la pauvreté en Afrique.
La réduction de moitié de la pauvreté dans le monde implique que le plan
d’action de Johannesburg reconnaisse le besoin de ressources et de programmes
additionnels à tout ce qui a été jusqu’ici évoqué. Les termes du Consensus de Monterrey devront à cet égard être
réaffirmés. De nouveaux partenariats
complétant les partenariats intergouvernementaux sont certes nécessaires, mais
ils ne devraient pas remplacer les partenariats traditionnels. La résolution des conflits et les solutions
à apporter à leurs impacts humanitaires devraient aussi être évoquées.
La validité d’Action 21 et les principes de
Rio représentent des éléments indispensables à faire figurer dans le document
politique, a souligné à son tour le représentant de Mozambique. Il a voulu que ce document comporte un
engagement résolu à la mise en oeuvre d’Action 21 et à réaliser les trois
piliers du développement durable qui sont intrinsèquement liés entre eux. Souscrivant aux propositions du Secrétaire
général sur les cinq domaines critiques, le représentant a souhaité qu’un
engagement en la matière figure en bonne place dans le document politique ainsi
que la nécessité d’une coopération internationale rendue incontournable par
l’indépendance entre les nations. Le
document devra être un instrument d’orientation dans la mise en oeuvre d’Action
21 qui concerne toutes les parties prenantes.
Le représentant de
l’Espagne, au nom de l’Union européenne et des pays associés a mis
l’accent sur les questions de l’évaluation, du renouvellement des engagements à
l’égard d’Action 21 et des autres conférences des Nations Unies de la paix, de
la sécurité, de la démocratie, de l’état de droit, des droits de l’homme et de
la lutte contre la corruption et le terrorisme; ainsi que de l’équilibre entre
les piliers du développement durable, des partenariats nécessaires au développement
durable; et de la parité entre les
sexes. Le représentant a insisté sur la
question de l’élimination de la pauvreté et de la répartition équitable des
bénéfices tirés de la mondialisation.
Il s’est aussi attardé sur l’importance qu’il y a à modifier les modes
de production et de consommation non viables et à encourager le transfert des
écotechnologies.
Le représentant a soulevé les questions du
changement climatique et de la gouvernance nationale et internationale en
matière de développement durable. Il a
plaidé pour le renforcement du Conseil économique et social et de la Commission
de l’ONU sur le développement durable.
Il a évoqué les questions de la bonne gouvernance, de la participation
de toutes les parties prenantes, de l’augmentation de l’aide publique au
développement (APD) et de l’accès aux marchés.
A son tour, le représentant de la Palestine
a rappelé, pour expliquer l’absence de sa délégation jusqu’ici, qu’elle a été
frappée d’une interdiction de quitter le territoire palestinien occupé. De manière cynique, a-t-il souligné, nous
traversons une époque de “sharonisme” et de purification ethnique dans ce
territoire. Il a regretté que la
question de l’occupation étrangère occupe une place de second plan dans le
projet de document politique. “Je vous
en supplie, au nom de mes frères palestiniens soumis à des traitements abusifs,
aidez-nous à faire cesser une telle utilisation massive d’armes par
Israël. Au nom des martyrs, faites
cesser cette attaque débridée. Je vous
lance un appel pour que vous apportiez des solutions efficaces porteuses
d’espoir. Ensemble, éliminons ce
dernier cas d’occupation au monde”, a dit le représentant. Le représentant de la Tunisie a mis
l’accent sur l’élimination de la pauvreté et a formulé l’espoir que des mesures
pratiques seront prises pour concrétiser le Fonds mondial de solidarité après
le Sommet de Johannesburg. Il a mis
l’accent sur la question des iniquités du commerce international et sur celle
du fossé numérique. Il a conclu sur la
dimension politique du développement durable en citant les questions des
conflits, des sanctions unilatérales et de l’occupation étrangère.
Le représentant de la Chine a estimé
que la déclaration politique de Johannesburg doit être un engagement solennel
des Etats Membres en faveur du développement durable. Elle doit réaffirmer tous les principes fondamentaux de Rio, dont
notamment celui des responsabilités communes mais différenciées. La déclaration
doit clairement stipuler que l’esprit de Rio est toujours vivant. Au moment où les écarts Nord/Sud
s’accroissent, il est temps de tout mettre en œuvre pour que les pays
développés renforcent leurs engagements de coopération en mettant plus de
ressources à la disposition des pays en développement et en leur assurant des
transferts de technologies substantiels et à bon prix. La Chine estime d’autre part que chaque pays
devrait avoir le contrôle de ses propres politiques.
Le représentant de l’Indonésie a dit
que les modes de production et de consommation insoutenables, la bonne
gouvernance, le renforcement des ressources financières et institutionnelles et
le non recours à des mesures unilatérales doivent figurer dans la déclaration politique. Nous devons nous mettre d’accord sur une
base éthique du développement durable qui serait le reflet de l’esprit de la
Charte des Nations Unies. L’Indonésie
propose que la « Charte de la Terre » soit incorporée au
document. Le représentant de la République
dominicaine a dit que son pays espère que le texte politique sera court,
précis, facile à comprendre et orienté vers l’action. Pour le représentant du Chili, la déclaration politique de
Johannesburg doit refléter l’importance des moyens de mobilisation de
ressources en faveur du développement.
A cet égard, les ressources qui pourraient être générées par un système
de commerce multilatéral plus équitable doivent être évoquées.
Pour la représentante du Mexique, la
déclaration politique doit réaffirmer les engagements de Rio. Le Consensus de Monterrey ne doit pas
devenir un point de discorde, mais le point de départ de nouvelles discussions
sur le développement durable. La
question des changements climatiques et la ratification du Protocole de Kyoto
devraient être mentionnés dans la déclaration.
Concernant la diversité biologique, nous proposons que soit créé un
cadre légal et institutionnel international qui assurerait la protection des
connaissances traditionnelles des communautés autochtones. Nous partageons l’avis du Secrétaire
général de l’ONU qui estime que la question de la diversité biologique est l’un
des points importants de Johannesburg.
Le Mexique regrette que les négociations de Bali ne se soient pas
déroulées de manière plus consensuelle.
Elimination de la pauvreté, accès aux
marchés, réduction des émissions de gaz à effet de serre, appui financier et
éthique environnementale sont les points qui doivent figurer dans le document
politique, aux yeux du représentant du Costa Rica. Nous sommes pour la mise en oeuvre de
résultats de Doha et de Monterrey qui doit être soutenue par une réelle bonne
gouvernance aux niveaux national et international, a-t-il ajouté. Le document politique doit contenir des
mesures concrètes dans ces domaines et faire référence aux Initiatives de
l’Amérique latine et des Caraïbes. La
République démocratique populaire de Corée a estimé que le document
politique doit traduire la volonté politique des dirigeants de promouvoir le
développement durable. Pour ce faire,
il faut réaffirmer l’égalité et la sincérité dans les relations internationales
qui doivent mener à des décisions claires sur l’assistance financière et le
transfert des technologies.
Le représentant de la Finlande a cité
comme éléments clés du document l’élimination de la pauvreté et la modification
des modes de production et de consommation non viables. Il faut réaffirmer les engagements pris mais
tout en les situant dans un plan d’exécution pour les dix prochaines années au
niveau mondial. Nous devons promouvoir
une nouvelle responsabilité morale s’agissant de l’environnement. La démocratie, la bonne gouvernance et les
droits de l’homme doivent être soulignés comme préalables au développement
durable. Toutes les parties prenantes
doivent apporter leur contribution au développement durable et, en la matière,
il faut reconnaître le rôle clé des femmes.
A son tour, le représentant de l’Ouganda a voulu un document bref
et précis qui réaffirme les principes de Rio et contienne des objectifs
concrets assortis de calendrier d’exécution et des engagements clairs en
matière de ressources financières par l’augmentation de l’APD et la
reconstitution du Fonds de l’environnement mondial (FEM). Le document doit mettre l’accent sur les
cinq domaines identifiés par le Secrétaire général. L’élimination de la pauvreté, l’accès aux marchés et la mise en
oeuvre des accords multilatéraux relatifs à l’environnement doivent également
figurer en bonne place, a conclu le représentant.
Ce document devra être de haut niveau et
représenter une source d’inspiration, a dit pour sa part la représentante du Canada. Il doit traduire une nouvelle façon de
comprendre l’interdépendance mondiale et rappeler que le développement durable
est l’objectif absolu et constitue l’affaire et la responsabilité de tous. En l’occurrence la participation de toutes
les parties prenantes est essentielle dans l’objectif d’assurer un meilleur
équilibre entre les trois piliers du développement durable Le document doit aussi se référer à des
domaines essentiels tels que l’eau et l’énergie, a ajouté la représentante.
Le représentant de l’Ukraine a estimé
que la déclaration politique devait
mettre un accent particulier sur le lien entre la promotion du développement
durable à l’heure actuelle et les chances de survie des générations futures. La déclaration doit refléter la volonté
politique des Etats à assurer la mise en œuvre des engagements qui seront pris
à Johannesburg. Le représentant de la Colombie
a souhaité que la déclaration politique soit claire et brève. La Colombie partage les points de vue du
Mexique sur son contenu. Les obstacles
qui se sont posés à la mise en œuvre d’Action 21 et les enseignements tirés des
difficultés de son application doivent être mentionnés dans la déclaration, qui
devra donner une vision d’avenir basée sur la notion de durabilité. Les mécanismes de suivi devront également
être évoqués.
Le représentant de la Communauté des
universités indépendantes (CUI) a regretté les retards avec lesquels la
communauté internationale traduisait
ses discours en réalités. Le rôle de
l’éducation n’est pas suffisamment pris en compte dans la promotion du
développement. L’évolution du monde
contemporain fait que aujourd’hui, l’éducation devra devenir un processus
continu du fait des changements rapides et de l’avancée perpétuelle des
connaissances. L’analphabétisme se
répand à une vitesse tellement grande que l’implication de toutes les
populations dans le développement suppose que l’on utilise de nouveaux modes et
outils d’enseignement en se servant des technologies de l’information et de la
communication.
Le représentant de la Bolivie a dit
que la lutte contre la pauvreté ne deviendrait possible que si les pauvres ont
accès à la connaissance et aux outils de communication. Sans ces outils, il sera impossible de les
faire participer aux programmes de développement, a-t-il estimé, en demandant
que cette question soit évoquée dans la déclaration politique. Pour le représentant du Bhoutan, la
déclaration politique du Sommet pour le développement durable doit être un
document clair et concis. Les vulnérabilités
des pays les moins avancés (PMA) devront être mentionnées dans ce texte.
Le document doit comporter un engagement sur
un calendrier de mise en oeuvre d’Action 21, la protection des écosystèmes
fragiles et l’élimination des maladies mortelles, a dit pour sa part le
représentant du Lesotho.
Evoquant la question de la bonne gouvernance, il a dénoncé la position
de ceux qui prétendent qu’elle ne vaut qu’au niveau national. Les normes internationales, a expliqué le
représentant, ne sont que le reflet des normes pratiquées au niveau
national. Ces normes, a-t-il insisté,
sont un outil dans les relations entre les sociétés et à l’intérieur de
celles-ci. Ce sont ces interactions au
niveau national qui doivent orienter les rapports de travail entre Etats,
gouvernements et institutions au niveau international. Le représentant s’est dit surpris que selon
certains la transparence et la redevabilité ne sauraient s’appliquer qu’au
niveau national. Il a réclamé un
mécanisme international pour que ceux qui enfreignent les normes
internationales soient redevables.
Le représentant du Soudan a insisté
sur l’accès aux marchés, la mise en oeuvre des engagements pris à Rio, la paix
et la stabilité pour tous, l’occupation étrangère et les mesures unilatérales et
coercitives ainsi que sur l’assistance aux Etats qui abritent des
réfugiés. Le document politique doit
instaurer l’équilibre et l’égalité des partenaires du développement durable,
a-t-il encore dit. La fin de l’occupation étrangère est revenue comme condition
essentielle du développement dans la bouche du représentant de la Syrie
qui a mis l’accent sur les mesures unilatérales et les châtiments
collectifs. Il a, par ailleurs, insisté
sur le désarmement, la réduction du fossé numérique, l’accès aux marchés et à
l’éducation, et le financement.
Pour le représentant du Gabon le
document politique doit être clair et percutant dans sa référence à la
Déclaration de Rio et au niveau des objectifs en particulier dans le domaine de
la lutte contre la pauvreté. En la
matière, le traitement de la dette des pays en développement, la lutte contre
les conflits régionaux et l’éradication de la pandémie du VIH/Sida sont apparus
essentiels aux yeux du représentant. Il
a aussi voulu que figurent dans le document les questions de la restauration de
l’efficacité écologique, de la libre circulation des personnes et des biens et
du transfert de technologies par le biais de partenariats dynamiques. Le représentant de la Bosnie-Herzégovine
a voulu que le document mène à une réelle mise en œuvre d’Action 21.
Le représentant du Népal a estimé que
la déclaration politique devait d’abord appuyer le principe des responsabilités
communes mais différenciées. Le Népal
propose que l’inclusion du développement durable dans les enseignements
scolaires soit évoquée dans la déclaration.
Nous sommes aussi d’avis que les PMA et les pays montagneux et enclavés
doivent faire l’objet d’une mention spéciale.
Le représentant de la Côte d’Ivoire a
estimé que les engagements pris par les Chefs d’Etat en matière d’objectifs de
développement du millénaire devaient être reflétés dans la déclaration
politique. Le maintien de la paix, la
question de l’APD, celle de l’annulation
de la dette, les transferts de technologies, le renforcement des capacités,
l’application des Conventions contre la
désertification et pour la protection de la biodiversité doivent être cités
dans la déclaration. La Côte d‘Ivoire
est d’avis que l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux services de
santé est indispensable et que les pays en développement devraient recevoir une
aide pour promouvoir ces objectifs.
Pour le représentant de l’Iraq, la fin
de l’occupation étrangère et des sanctions internationales qui affectent les
civils doivent figurer dans le texte.
Le Moyen-Orient devrait être déclaré zone exempte d’armes de destruction
massive et les ingérences étrangères dans les affaires des Etats devraient être
condamnées dans la déclaration de Johannesburg, a souhaité le représentant.
La représentante de l’ONUSIDA a
déclaré que la pandémie du VIH/sida affecte la productivité, porte atteinte à
la stabilité de l’environnement social et représente un obstacle au
développement durable. L’ONUSIDA
propose que la déclaration politique fasse mention de la déclaration adoptée
par l’Assemblée de l’ONU sur la question de la lutte conte le VIH/sida. Pour la représentante de la Barbade,
la déclaration politique doit réaffirmer les principes de Rio et rappeler les
termes de la Déclaration de la Barbade, ainsi que les résultats et engagements
des grandes conférences onusiennes des années 1990. La Barbade demande qu’il soit spécialement fait mention des
vulnérabilités des petits Etats insulaires en développement et que la question des
ressources financières et du renforcement des ressources humaines soit, entre
autres, évoquée.
Dans son intervention, le représentant des Pays-Bas
a dit que la table ronde sur la sécurité alimentaire qui a eu lieu hier, avec
le soutien d’ONG et d’institutions multilatérales, a permis de dégager des
recommandations que les participants aimeraient voir figurer dans la
déclaration politique. Le texte de ces recommandations et observations sera
distribué.
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